CoQ10 Ubiquinone ou Ubiquinol : laquelle choisir ? (ce que dit vraiment la science)

On me pose cette question presque toutes les semaines dans les commentaires de mes différent réseaux : ubiquinone ou ubiquinol, laquelle choisir pour ta Coq10 ? Et à chaque fois, j’ai le même haussement de sourcils. La réponse qu’on te vend en boutique n’est PAS toujours celle que racontent les études.

Alors je suis allé fouiller dans pubmed pour te donner une réponse honnête, sourcée, sans filtre marketing. Et le résultat n’est ni tout noir ni tout blanc. Une bonne partie du débat est franchement gonflée par le marketing… mais pas tout.

Et avec l’âge, les choses changent un peu. OK, je t’explique…

C’est quoi le CoQ10 ?

Le coenzyme Q10 est une petite molécule que ton corps fabrique lui-même, dans presque toutes tes cellules. Son rôle : participer à la fabrication d’ATP, le carburant de tes mitochondries. Sans lui, la chaîne respiratoire cellulaire tourne mal. Moins d’énergie, plus de radicaux libres qui traînent, plus de stress oxydatif. Et le stress oxydatif, tu le sais si tu me lis depuis un moment, c’est un des moteurs silencieux de l’inflammation chronique.

J’en parle en détail dans cette vidéo :backhand_index_pointing_down:

La CoQ10 protège aussi les membranes cellulaires et les lipides sanguins de l’oxydation. Il joue un rôle d’antioxydant liposoluble, en parallèle de son rôle énergétique. Deux fonctions en une seule molécule, énergie et protection. C’est pour ça qu’on le retrouve dans autant de protocoles liés au cœur, au cerveau, à la fatigue chronique ou à la santé mitochondriale en général.

Sauf que ta production naturelle de CoQ10 ne reste pas stable toute ta vie…

Une étude ancienne mais toujours citée, menée par Kalén et son équipe sur des tissus humains, a montré que le taux d’ubiquinone dans la plupart des organes grimpe jusqu’à environ 20 ans… puis redescend petit à petit avec l’âge (DOI).

Voilà pourquoi la question de la complémentation devient plus concrète après 40 ou 50 ans.

Ubiquinone ou ubiquinol : la même molécule dans 2 états différents

Techniquement, ubiquinone et ubiquinol, c’est la même molécule. Juste dans 2 états chimiques différents.

L’ubiquinone est la forme oxydée, celle qu’on trouve dans la majorité des compléments classiques et dans pas mal d’aliments. L’ubiquinol est la forme réduite, celle qui porte 2 électrons supplémentaires.

Dans ton corps, les 2 formes s’interconvertissent en permanence. Une étude publiée dans Molecular Aspects of Medicine a mesuré ce ratio chez des personnes en bonne santé : environ 95 % d’ubiquinol pour seulement 5 % d’ubiquinone dans le sang (DOI). Autrement dit, une fois dans ta circulation, ton organisme garde presque tout ta CoQ10 sous forme réduite, quelle que soit la forme que tu as avalée au départ.

Le fameux argument marketing « l’ubiquinol est mieux absorbé »

Tu as peut-être déjà vu ça écrit sur un site de compléments : l’ubiquinol serait naturellement mieux absorbé, ton corps n’aurait pas besoin de le réduire avant de s’en servir.

Sur le papier, ça paraît logique. En pratique, c’est plus compliqué.

Le chercheur William Judy a publié une série de travaux entre 2021 et 2022 qui remet sérieusement en question cette idée. Ses analyses de laboratoire montrent qu’une bonne partie de l’ubiquinol contenu dans les compléments s’oxyde en ubiquinone dès qu’il touche les sucs gastriques et intestinaux, jusqu’à 76 % dans certaines conditions (voir l’étude).

Son équipe a confirmé ce phénomène chez le chien, avec des mesures directes dans la lymphe (voir l’étude). Sa conclusion, un peu piquante : les allégations marketing autour de l’ubiquinol sont « insuffisamment documentées » (voir l’étude).

Une revue publiée dans Antioxidants en 2020 va dans le même sens sur un point clé : ce qui fait varier l’absorption de la CoQ10, peu importe la forme, c’est surtout la dispersion des cristaux dans la formulation. Sans dispersion correcte, l’absorption chute d’environ 75 % (DOI).

Autrement dit, une ubiquinone bien formulée, en suspension huileuse, peut très bien faire mieux qu’un ubiquinol mal formulé. La forme chimique compte moins que la qualité de fabrication !

Tout n’est pas si tranché non plus. Une étude japonaise chez la souris, publiée en 2022, a montré que la forme ingérée (ubiquinol ou ubiquinone) arrivait globalement intacte jusqu’à l’intestin grêle, sans grosse conversion en route (DOI). Les chercheurs eux-mêmes ne sont pas tous d’accord entre eux.

Bref, sur ce point précis, le débat scientifique reste ouvert…

Et avec l’âge, qu’est-ce qui change

Voilà la partie qui m’intéresse le plus, et celle où je dois nuancer ce que je pensais au départ.

Une étude menée en 2018 sur des hommes plus âgés a comparé directement les 2 formes, à dose égale, 200 mg par jour pendant deux semaines, en protocole croisé. Résultat : le groupe ubiquinol a vu son taux total de CoQ10 plasmatique grimper de façon nette, de 1,3 à 3,4 µmol/L.

Le groupe ubiquinone, lui, n’a montré qu’une hausse qui ne ressortait pas de façon significative (DOI). L’échantillon reste petit, 10 personnes seulement, et je reste prudent sur la portée du résultat. Mais le signal est là.

Une étude nettement plus récente, publiée début 2026, a testé une nouvelle formulation d’ubiquinol face à une ubiquinone de référence, chez l’adulte en bonne santé. Cette fois encore, la biodisponibilité de l’ubiquinol est ressortie nettement supérieure, jusqu’à 3 fois plus selon certains marqueurs sanguins (DOI).

L’étude reste petite et porte sur une formulation particulière, du coup je ne généralise pas trop vite non plus.

Ce que je retiens de tout ça : chez une personne jeune et en bonne santé digestive, une ubiquinone bien formulée fait le travail sans souci, avec un prix souvent 2 à 3 fois plus bas. Mais avec l’âge, ou en présence d’une digestion plus fragile, plusieurs signaux pointent vers un léger avantage pour l’ubiquinol, au moins pour faire remonter ton taux sanguin de façon fiable. C’est donc une question de contexte (comme très souvent en santé).

En pratique, qu’est-ce que je te conseille

Si tu as moins de 45-50 ans, une bonne digestion, et pas de pathologie particulière, une ubiquinone de qualité (cristaux dispersés, en suspension huileuse, prise avec un repas qui contient un peu de gras) reste un choix solide et économique. Pas besoin de te ruiner sur l’ubiquinol.

Je recommande ce complément de Q10 ubiquinone :backhand_index_pointing_down:

Si tu es plutôt après 55-60 ans, si tu prends une statine, si tu as une fragilité cardiaque ou digestive, ou si tu veux juste maximiser tes chances de voir ton taux sanguin bouger, l’ubiquinol garde un léger avantage dans les données actuelles.

Je recommande ce complément de Q10 ubiquinol :backhand_index_pointing_down:

https://bmoove.tv/ubiquinol

La dose la plus étudiée tourne autour de 100 à 200 mg par jour, toujours au moment d’un repas.

Une précision qui compte et qu’on oublie souvent : si tu es sous anticoagulant type warfarine, parles-en à ton médecin AVANT de te lancer, le CoQ10 peut interférer avec le traitement.

Dans les 2 cas, regarde la formulation avant de t’arrêter juste sur « ubiquinone » ou « ubiquinol » écrit sur l’étiquette.

Un mauvais ubiquinol mal stabilisé vaut moins qu’une bonne ubiquinone bien dispersée. Et aucune des 2 formes ne remplace une base alimentaire anti-inflammatoire solide, le CoQ10 travaille en soutien, pas en réparation miracle d’une assiette pleine de sucre et d’huiles raffinées.

Pour aller plus loin, et si tu veux creuser le sujet des compléments qui soutiennent tes mitochondries, avec le niveau de preuve pour chacun, j’ai détaillé tout ça ici : santé mitochondriale, quels compléments selon les preuves.

Et toi, tu prends quoi en ce moment, ubiquinone ou ubiquinol ? Et à quel âge tu as commencé à t’y intéresser ? Dis-moi en commentaire, ça m’intéresse pas mal de voir ce qui marche concrètement chez vous.

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